Notre histoire, notre plus grand rôle !
- Ginette Forget

- il y a 2 jours
- 6 min de lecture
La seule réalité qui soit, Ici. Tout ce qui n'est pas Ici, à l'instant, fait partie du film.
Et le film fait aussi partie de ÇA, il est aussi inclus dans ÇA.
Tout est une question d'interprétation de tout cela, la vie est beaucoup plus simple
que tout ce qu'on peut imaginer. La vie est tellement simple. On est toujours juste à
une seule pensée près. Et une seule pensée, quelquefois même une odeur ou un son, peut nous faire basculer dans tout un cinéma, un film. Mais on voit bien que cela ne peut partir que d'Ici, en Soi.
La vie se vit.
L'idée n'est pas d'arrêter de vivre, au contraire, c'est mordre dans la vie encore
plus, mais en sachant que c'est un film en train de se passer, que ma vie n’en dépend pas. On met tellement l'identification sur l'histoire qui est en train de se passer qu'on oublie ceci : nous sommes ce qui précède l'histoire.
Il n'est pas question de se retirer de la vie, de se retirer de l'expérience mais bien
de goûter l'expérience dans la conscience que je ne suis pas tout seul. Cela m'invite
à vivre ma vie encore plus, à expérimenter, à ne pas être frileux. On est dans la vie,
dans ce vivant, on a besoin d'aller dans ce vivant avec tout ça, mais dans la
conscience que c'est un jeu en train de se jouer, que c'est un film, et je le sais. Je
joue un film, je le sais et je joue mon rôle parfaitement. Il y a comme un sourire
"Oui, je vais jouer mon rôle à fond !"
Et ÇA sait que ÇA joue son rôle à fond, simultanément.
Quand j'avais trente ans, j'ai vécu une circonstance assez difficile amoureusement.
Je me souviens, je suis au bord de la rivière et je vis une colère énorme envers mon
amoureux de l'époque. Je suis si fort dans ma colère, avec toute son intensité, que
je me suis vue. Comme si quelqu’un voyait ÇA faire ÇA. Et ÇA qui voyait la scène
était mort de rire. Je voyais la colère avoir lieu - j'avais conscience qu'il y avait cette
colère - et, en même temps, je voyais que je n'étais pas cette colère. Cette
expérience m'a tellement marquée. Elle permet de voir que quelque chose est en
train de s'expérimenter. J'ai eu l'occasion d'expérimenter cette colère, tout en
sachant, au moment où ça se passait, que cela n'avait rien à voir avec ce qui était
en train de se passer dans ma vie : c’était libre de l’histoire. Pourtant, je vous jure
que l'histoire était vraie. C'était réel... dans le film, dans l'histoire.
Ça a été une expérience extraordinaire dans ma vie. Au moment où cela se vivait,
c'était loin d'être extraordinaire, c’était un drame existentiel énorme, la pire chose
qui pouvait m'arriver. C'était énorme ! C’était trop gros, ma vie de femme était
démolie, tout était démoli. Je n'étais plus personne !
Pourtant, aujourd'hui je la raconte avec une autre vision. Ces visions peuvent être
simultanées, c’est collée-collée ensemble. C'est une invitation à vivre davantage
notre vie, à oser plonger dans l'expérience, à oser y aller tout en sachant que ce
n'est pas cela (l’émotion, la situation extérieure) qui me définit comme telle. C'est
cela l'erreur de perception. L'erreur est celle-ci : on se définit par le rôle qu'on joue.
Un rôle qu’on s’est donné, en plus, là-dedans. Et ce qui me définit, ce n'est pas ça.
ÇA joue ÇA.
Soyons dans la vie, vivants pleinement. Si, momentanément, on est tellement dans
l'expérience qu'on oublie que c'est un film parce qu’on est plongé dedans
complètement, ce n'est pas grave. Après, un recul a lieu, on se dit « Qu'est-ce que
j'ai fait là ? C'est pas grave, j'ai vécu une expérience. »
C'est formidable. Je reviens, Ici en Soi, et simultanément, je vois ça (l’extérieur).
Ça fait tomber beaucoup de convictions. Dans nos valeurs, on a placé tellement de
« cela, ça se fait ; cela, ça ne se fait pas. Cela, c'est bien ; cela, c’est mal. » Tout ce
qu'on a placé comme croyances, une ligne de vie qu'on s'est imaginée, transforme
notre perception de ÇA. C'est parfait. Mais tant que je tiens autant à mes
croyances, à mes convictions, je reste dans un petit fuseau étroit, plutôt que de
vivre ma vie les bras grands ouverts.
Nous, on se limite à cette petite expérience étroite, parce que « Si je n'ai pas
« ça », je ne serai personne. »
On est ÇA ! Les bras gigantesquement grands ouverts !
On est ÇA ! Alors, goûtons toutes ces textures de ce que nous sommes, de ce qui
est là, dans la conscience de Ce qui s'expérimente à travers ça (l’extérieur).
On s'est raconté beaucoup d'histoires. On les a crues. On a donné beaucoup de
pouvoir à tout cela. Et on n’a rien à quitter. C'est comme si on avait encore cette
croyance qu'on devait travailler là-dessus, travailler sur cette croyance, travailler
sur quelque chose.
Dans cette expérimentation,
il n’y a rien à quitter,
il n’y a rien à voir,
il n’y a rien à guérir,
il n’y a rien à nettoyer.
Il y a à revenir, Ici en Soi, le plus souvent possible, à se souvenir qu'Ici-Maintenant,
c'est la seule réalité qui Soit.
Plus ÇA s'installe Ici, plus tout ce qui n'est pas ÇA disparaît. On a essayé de faire
disparaît ça (l’extérieur, les émotions... ) pour que ÇA apparaisse. Nous pouvons
vivre l'expérience inverse : plus j'installe ÇA, plus tout ce qui n'est pas ÇA disparaît.
Tant que je mets mon attention sur quelque chose d’extérieur, je le fais vivre,
exister. Tant que je mets mon attention sur ÇA, en Soi, je le fais vivre, exister. Mais
dans ÇA, qui contient TOUT, il n’y a plus de lutte, plus de bataille, plus de
résistance. Il y a cet émerveillement de la vie qui se vit. C'est un changement de
vision radical. C'est passer d'une vision trouble de colère, de souffrance et de
perception à une perception aimante, détendue, bienveillante. Tout ça, sans que
RIEN à l'extérieur n'ait changé. On peut voir alors à quel point tout cela se raconte
juste ici, en soi. Tout ce cinéma, tout ce jeu « elle a dit que, il m'a dit que, il a fait
ça... » est un scénario qui a lieu en circuit fermé ! Et, dans ce circuit, nous sommes
l’auteur, l'acteur, le concepteur, tout, tout, tout.
ÇA ne nous quittera jamais. Nous, on cherche à ce que « ça » (l’extérieur) ne nous
quitte jamais, mais ça va toujours nous quitter. Tout ce qui est là va toujours nous
quitter : nos croyances, nos pensées, les personnes, les situations, les lieux... Parce
que tout « ça » passe. Une seule chose ne nous quittera jamais, c'est ÇA. C'est la
grande beauté de ce qu'on fait ensemble, reconnaître ÇA en Soi et voir qu'au delà
de toutes ces histoires et ses films qui se jouent – on rentre à fond dedans, on ne
se souvient plus - ÇA est quand même là.
- Je le sais. Mais dans la pratique ?
- On écoute ÇA, en Soi. Cette sagesse, en toi, qui sait est attirée à se reconnaître.
C'est ce qui se passe. Cette sagesse, en toi – c’est ÇA, en toi - qui sait
profondément, a envie de s'entendre et de se vivre. C’est l’occasion de te dire
« Oui, l'histoire, le film se joue, c'est fort, ça me prend, mais ÇA est quand même
là. Si j'écoutais ÇA pour voir ? Si je m'abandonnais en ÇA ? Si je faisais l'étoile et
que je me laissais flotter, porter par ÇA ? Qu'est-ce que ça ferait ? Est-ce que je
peux expérimenter cela ? Ai-je assez confiance pour me laisser être portée par ÇA
? » Tu vois, peut-être que « ça » a peur que si « ça » fait confiance à ÇA, « ça » va
perdre « ça ». Mais, en vérité, plus « ça » va faire confiance à ÇA, plus « ça » va
voir qu'il n'y a rien à perdre, parce que « ça » ne t'a jamais appartenu. Juste dans
l'illusion.
Plus je peux ouvrir la main, ouvrir les bras et faire confiance que je suis portée,
Aimée, en sécurité, plus tout ÇA m'apparaît. Plutôt que d'avoir le raisin sur la grappe, j'ai la grappe et la vigne entière. Tu vois comment on passe d'une vision limitée à une vision illimitée ?
J'honore et je trouve très beau qu’au-delà de tout ça, la force de ÇA veut prendre
sa place. C’est magnifique. Au-delà du personnage, au-delà de ma volonté, au-delà
de l’histoire, au-delà de tout, la fleur veut pousser dans le béton et de toute sa
force va jaillir, de toute façon.
Extraits de la vidéo : Notre histoire, notre plus grand rôle !
Transcrite avec Amour par Dominique Lahaut




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